Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

y'a pas à tortiller [exp]

on ne peut plus hésiter ; il faut trancher ; il faut prendre une décision ; la chose doit se faire

Origine et définition

Qui a dit que cette expression est vulgaire ? Je veux les noms !
Et en attendant qu'on me les livre, tentons tout de même une explication.
Vous avez inévitablement déjà vu une personne (souvent un enfant) debout et qui, hésitant à répondre, ayant peur de dire une grosse bourde ou de se faire gronder, se 'tortille' un moment sur place avant de finir par s'exprimer.
On pourrait facilement croire que l'hésitation et le fait de se tortiller sont reliés par une image de ce type.
Mais que nenni !
En effet, c'est au XVIIe siècle qu'on trouve l'expression "tortiller sa pensée" pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués.
Par opposition, pour signifier qu'on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire "il n'y a pas à tortiller sa pensée", assez vite raccourci en un "y'a pas à tortiller" attesté en 1756 et qu'on trouvera chez Vidocq, par exemple.
Mais avant, à la fin du XVIIe siècle, on trouvait déjà un "tortiller du cul", appliqué aux femmes qui marchent en se déhanchant tout en sachant l'effet que cela produit sur des mâles en rut.
La combinaison des deux a donné, à la fin du XVIIIe siècle, un y'a pas à tortiller du cul avec le même sens que notre expression.
Quant à la version étendue, elle est citée en 1977 par François Caradec dans son "Dictionnaire du français argotique et populaire". On ne sait pas si l'ajout des compléments avait pour but de faire rire ou de choquer, mais ils ont certainement plu puisque, au moins pour le premier, ils sont restés dans le langage familier.

Exemples

« Avec mon flingue d'alarme
J'avais l'air d'un con
Devant la Winchester
De l'adjoint au maire
Y m'a dit "N'avance pas
Si tu bouge t'es mort"
J'aurai pas dû bouger
Maintenant je suis mort.
Dans la vie mon petit gars
Y'a pas à tortiller:
Y'a rien de plus dangereux
Que de se faire tuer. »
Renaud Séchan - C'est mon dernier bal

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand da wird nicht lange gefackelt on ne va pas tenir la torche plus longtemps
Anglais (Canada) move it or lose it bouge ou perds le
Anglais there's no getting away from it on ne peut pas l'éviter
Anglais you've gotta do what you've gotta do tu dois faire ce que tu dois faire
Anglais (USA) fish or cut bait peche ou coupe l'appat
Anglais (USA) shit or get off the pot chie ou relève-toi du pot
Espagnol (Espagne) no hay que darle más vueltas ! il ne faut plus tourner autour du pot / Il n'y a plus à se poser des questions
Espagnol (Espagne) no hay vuelta de hoja il n'y a pas de tour de feuille
Français (Canada) arrêter de branler dans le manche
Français (Canada) arrêter de tourner autour du pot arrêter de tourner autour du pot
Latin Hoc non est circa rubi verberans. y a pas à tortiller du fion
Néerlandais het is kiezen of delen c'est à prendre ou a laisser // il faut trancher
Néerlandais de knoop doorhakken/Gordiaanse knoop couper le noeud en deux/noeux Gordien
Néerlandais het is nu of nooit c'est maintenant ou jamais
Portugais (Brésil) não dá prá enrolar y'a pas à tortiller
Portugais (Brésil) ou vai ou racha soit on va soit on casse
Roumain acum ori niciodată c'est maintenant ou jamais
Roumain n-ai cum s-o dai cotită on ne peut pas faire un détour
Roumain nu-i cazul să te tragi pe cur y'a pas à se traîner sur le cul
Serbe нема више врдања on ne peut plus échapper au nécessaire
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Commentaires sur l'expression « y'a pas à tortiller » Commentaires

  • #41
    DiwanC
    07/04/2013 à 03:40*
    Avec l’expression d’aujourd’hui, pourvu que God n’exige pas de travaux pratiques...
  • #42
    mickeylange
    07/04/2013 à 03:52
    • En réponse à DiwanC #41 le 07/04/2013 à 03:40* :
    • « Avec l’expression d’aujourd’hui, pourvu que God n’exige pas de travaux pratiques... »
    Hier Expressio était en rideau.
    En as-tu profité ?
  • #43
    Paracas
    07/04/2013 à 08:05
    En voilà une qui tortilla du cul pour séduire Tonton georges.......
    A sa manière d’avancer,
    A sa façon de balancer
    Les hanches quelque peu convexes

    cette page
  • #44
    PHILO_LOGIS
    07/04/2013 à 08:16
    • En réponse à Paracas #43 le 07/04/2013 à 08:05 :
    • « En voilà une qui tortilla du cul pour séduire Tonton georges.......
      A sa manière d’avancer,
      A sa façon de balancer
      Les hanches quelque peu... »
    Si elle "tortilla", c’est qu’elle était mexicaine, non?
  • #45
    PHILO_LOGIS
    07/04/2013 à 08:17*
    On dirait que mon intervention 69 (cela ne s’invente pas!) de hier était prémonitoire...
  • #46
    joseta
    07/04/2013 à 09:09
    DEVINETTE
    Il remuait la terre avec sa bêche, quand, soudainement frappé d’une forte douleur intestinale, il se mit à chier sur son outil. Pourquoi ?
    - c’est la bêche ’qu’a biné’.
  • #47
    joseta
    07/04/2013 à 09:11*
    Dans les Alpes, le tout jeune chien, chie haut. 😐
    Je vous ferai remarquer, au passage, que le féminin de chiot, n’a rien à voir avec la race canine.
  • #48
    <inconnu>
    07/04/2013 à 09:12
    ANAGRAMMES
    Y’a pas à tortiller –> Payera tortillas
    Y’a pas à tortiller du cul –> Lu : duc payera tortillas
    Y’a pas à tortiller du cul pour chier droit –> Lu : duc pioche rôti durr, payera tortillas
    Y’a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille –> Lu : duc payera tortilla, putains croiront huileuse, bordel de... !
  • #49
    joseta
    07/04/2013 à 09:23*
    Les chevaliers atteints de Parkinson tortillent d’écu.
  • #50
    <inconnu>
    07/04/2013 à 09:42
    • En réponse à <inconnu> #48 le 07/04/2013 à 09:12 :
    • « ANAGRAMMES
      Y’a pas à tortiller –> Payera tortillas
      Y’a pas à tortiller du cul –> Lu : duc payera tortillas
      Y’a pas à tortiller du cul pour c... »
    Y’a pas à tortiller du cul, ton duc est un obsédé des tortillas !
  • #51
    Paracas
    07/04/2013 à 09:51
    • En réponse à PHILO_LOGIS #44 le 07/04/2013 à 08:16 :
    • « Si elle "tortilla", c’est qu’elle était mexicaine, non? »
    Je pense plutôt que Tonton Georges ayant cette réputation (injustifiée d’ailleurs)d’homme taciturne, elle voulu séduire le sombre héro.....
  • #52
    rigolote
    07/04/2013 à 09:52
    Je n’ai pas lu tout ce qu’ont écrit les membres érudits de notre confrérie, mais je connaissais l’expression : Y’a pas à tortiller du cul pour chier droit dans un escalier en colimaçon.
    Amis de la poésie, bonjour !
  • #53
    Paracas
    07/04/2013 à 10:26*
    • En réponse à joseta #47 le 07/04/2013 à 09:11* :
    • « Dans les Alpes, le tout jeune chien, chie haut. 😐
      Je vous ferai remarquer, au passage, que le féminin de chiot, n’a rien à voir avec la race... »
    Et encore plus haut dans la Cordillère des Andes on dit le chien chie là.........
  • #54
    <inconnu>
    07/04/2013 à 10:59*
    Ça, c’est bien vrai: la chute des corps suit les lois énoncées par Newton... 😄
    D’ailleurs on pourrait ajouter:
    «Aussi haut que l’on soit, on n’est jamais assis que sur son cul»
    Et nous faisons tous la même grimace quant il s’agit de pousser...
  • #55
    mickeylange
    07/04/2013 à 11:12
    J’ai déjà mis en bouteille (à part des liquides) pas mal de choses, dont un bateau, une échelle et même une poire. Mais jamais au grand jamais comme sa Dinité il ne m’est venu à l’idée d’y mettre, comme lui, un étron !
  • #56
    Paracas
    07/04/2013 à 11:22
    Merde ! dit Cambronne, on fait dans la scatologie aujourd’hui ! Est ce une fiente pour tromper l’ennemi ?
  • #57
    joseta
    07/04/2013 à 11:22
    • En réponse à Paracas #53 le 07/04/2013 à 10:26* :
    • « Et encore plus haut dans la Cordillère des Andes on dit le chien chie là......... »
    Un peu tiré par la fourrure, mais il fallait y penser...
    Le chinchilla n’arrête pas de déféquer, c’est un vice, mais, timide, il ne le montre pas, donc, le chinchilla, le cette page.
  • #58
    Paracas
    07/04/2013 à 11:38
    • En réponse à joseta #57 le 07/04/2013 à 11:22 :
    • « Un peu tiré par la fourrure, mais il fallait y penser...
      Le chinchilla n’arrête pas de déféquer, c’est un vice, mais, timide, il ne le montr... »
    Ah bon ? parceque ton vice caché n’est pas chinchilla-tracté, peut être ?...🙁
  • #59
    DiwanC
    07/04/2013 à 11:43*
    Avec les 27 dernières ! [jusqu’au 6 avril]
    - Votre ouvrage n’est pas sans intérêt, mais il ne correspond pas du tout à l’esprit de nos publications. Désolés…
    Une fois de plus, on lui rendait son manuscrit ; une fois de plus, on l’envoyait aux fraises ; une fois de plus, la porte se refermait. Vlan !...
    Nouvelle volée de bois vert pour Guillaume qui ne se découragea pas pour autant. Il en avait vu d’autres avant de trouver cette place de gardien de musée. Mille boulots, mille misères… Il avait même travaillé au noir "sans pour autant blanchir de l’argent !" plaisantait-il. Alors, les revers de médailles, les rebuffades, il connaissait. Que de fois dans sa vie d’avant, on lui avait refilé une patate chaude sous prétexte qu’il était le dernier arrivé dans l’usine ; que de fois il s’était fait moucher ; que de fois on lui avait rivé son clou !
    Guillaume avait serré les dents alors qu’il aurait pu leur damer le pion à tous, "Surtout à ce petit merdeux de chefaillon qui boit comme un templier ! Vais l’ tuer ! Sûr un jour, vais lui balancer la sauce ! Une balle entre les deux yeux ! " Mais il savait bien qu’ici, on était à la merci du supérieur, valait mieux faire motus et bouche cousue ; le "bisque, bisque, rage" viendrait plus tard… si jamais il gagnait au loto !
    Il tint bon jusqu’au jour où il croisa Julien, un vieux copain à qui il confia ses malheurs : "Et encore ! c’ que j’ te dis là, c’est pas la partie cachée de l’iceberg !". Julien, compatissant, lui remit le pied à l’étrier en lui trouvant cet emploi au ministère de la Culture. Il s’y ennuyait ferme le Guillaume et avait parfois l’impression de passer son temps à enfiler les perles !
    Tout en surveillant les visiteurs, lui était venue l’idée d’écrire. Pas un roman, non… un recueil de proverbes, de dictons, d’expressions, le tout rédigé sur un ton badin. Rien à voir avec Duneton, Rey ou Furetière.
    Cela lui avait demandé des mois de travail, de recherches. Aujourd’hui, il était sûr de la valeur de son livre que Gallimard, Grasset, Le Seuil venaient de dédaigner. Si entrer dans la cour des grands n’était pas possible, eh bien il viserait les petites maisons d’éditions.
    Guillaume sillonna les routes, les nationales, les départementales… Il conduisait prudemment, sans appuyer sur le champignon. "Inutile de se prendre une prune !". C’est ainsi qu’il arriva dans la charmante bourgade de V... Il faisait chaud… il s’arrêta dans un café où une bande de joyeux drilles faisaient grand bruit. L’un deux, un peu éméché, l’interpela :
    - Tu viens faire quoi par ici, mon gars ?
    Guillaume expliqua.
    - Ah ! ben, faut que t’ailles voir Georges, l’écrivain ! Y va te donner des tuyaux !
    "Allons voir Georges !" Il rencontra un homme charmant, peu bavard, à qui il raconta son périple chez Galli-Gras-Seuil et les portes qui claquaient : vlan ! vlan ! vlan !.
    - Vous comprenez, dans mon livre, il y aura des expressions amusantes, telle "croquer le marmot", ou peu souvent employées, telles "avaler des poires d’angoisse" ou "la tunique de Nessus"… ou encore l’histoire de l’âne de Buridan.
    Georges ne comprenait ni quoi, ni qu’est-ce ! Mais il écoutait poliment en pensant : "Si je tenais l’enfant de sal…d qui m’a adressé ce gugusse qui me fait perdre mon temps !".
    - Voici l’adresse de mon éditeur. C’est tout ce que je peux faire pour vous.
    En revenant vers sa voiture, Guillaume s’arrêta, stupéfait, devant la vitrine du tabac-libraire-marchand de journaux : au beau milieu, trônait une grande photo du Georges qu’il venait de quitter et - à côté d’articles de presse élogieux soigneusement encadrés - un gros livre bleu "Les 1001 expressions…".
    Guillaume blêmit…
    - Vous le connaissez ? demanda-t-il à la patronne qui prenait le frais sur le pas de sa porte.
    - M’sieur Georges P. ? J’ pense bien ! C’est la gloire du pays ! Tout le monde a acheté son bouquin ! Il en a vendu des mille et des cents ! Sauf aux boiveux de là-bas, ajouta-t-elle en glissant un œil vers le café d’en face. Ceux-là, à part les tickets de tiercé et les étiquettes des bouteilles de pastis, y lisent pas grand-chose. Mais ça va pas ? Vous êtes tout pâle…
    Sûr qu’il était pâle Guillaume… Son beau rêve s’effondrait… Il eut l’impression qu’une porte se refermait définitivement sur sa carrière d’écrivain… Vlan !
    Le premier qui me parle de "slurp", j’ l’étrangle ! 😄
    Ah ! j’allais oublier : je laisse un p’tit mouchoir pour M’Ubbleu, si parfois il passe par là…
  • #60
    joseta
    07/04/2013 à 11:48*
    • En réponse à Paracas #56 le 07/04/2013 à 11:22 :
    • « Merde ! dit Cambronne, on fait dans la scatologie aujourd’hui ! Est ce une fiente pour tromper l’ennemi ? »
    scatologie

    Sa femme n’aimait pas le jazz, que lui, écoutait à longueur de journée; elle ça la faisait chier d’écouter scat au logis !